Conférence sur le culturicide et le tapis bosnien

Le 30 janvier 2026, à la bibliothèque universitaire Luxembourg Learning Center (LLC), s’est tenue une conférence intitulée « Culturicide – le tapis bosnien comme gardien de l’identité, de la tradition et de la mémoire », accompagnée de la présentation du livre « L’Esprit du tapis bosnien ». L’événement a été organisé par le Comité pour Srebrenica Luxembourg et s’est déroulé devant une salle comble, avec un public qui a suivi l’exposé avec un grand intérêt.

La soirée a symboliquement débuté par le poème « Bosanski ćilim » de Šefket Babačić, interprété avec émotion par Amar Horozović, introduisant ainsi le public au thème de la conférence. La conférencière, professeure Dr Amila Smajović, a abordé la notion de culturicide comme destruction systématique du patrimoine culturel, soulignant qu’elle est indissociablement liée au génocide, puisque la culture et ses symboles constituent l’essence même de l’identité d’un peuple.

Une partie importante du programme a été consacrée à la présentation du livre « L’Esprit du tapis bosnien », dont l’auteure est Amila Smajović. Il s’agit d’une étude approfondie de 416 pages, représentant le premier ouvrage complet consacré au tapis bosnien. Le livre rassemble les résultats de près de trente années de recherche, à travers l’analyse des motifs, de la symbolique, de l’évolution historique et de la signification du tapis. L’auteure présente le tapis bosnien non seulement comme un objet décoratif, mais aussi comme une expression puissante de spiritualité, de mémoire et de tradition populaire.

La communauté scientifique considère cet ouvrage comme un travail d’une importance majeure, car il relie de manière unique les approches anthropologique, ethnographique, artistique et communicationnelle du patrimoine culturel immatériel de Bosnie-Herzégovine, qui, comme il a été souligné, disparaît silencieusement et rapidement.

Le public présent a suivi la conférence avec beaucoup d’intérêt et d’enthousiasme, après quoi un échange d’impressions et un moment convivial ont eu lieu. Cet événement a une nouvelle fois confirmé que le tapis bosnien demeure un pont entre le passé et l’avenir, ainsi qu’un gardien discret mais durable de l’identité culturelle de la Bosnie-Herzégovine.